C'est étrange comment l'humain peut-être émotif. Il suffit d'une simple parole pour vous faire exploser de joie. Une simple phrase pour susciter votre jalousie la plus grande.
C'est fou comme je peux éclater en sanglots à l'écoute d'un simple chanson telle que “Le Port d'Amsterdam”. Est-ce normal de découvrir des larmes au coin de ses yeux lorsque l'on écoute de la musique ?
Toute mon amertume remonte alors à la surface. Mes questions s'enchaînent sans interruption. L'angoisse m'étouffe. Alors, n'ayant pas pleuré depuis des mois, je craque. Je déverse tout le poids de mon c½ur sur ces gouttes salées.
Cette fois-ci, je ne suis pas protégée par la chaleur des couvertures. Je ne peux pas essuyer mes pleurs contre mon oreiller. Que m'arrive-t-il, moi qui me croyait si forte ? Moi qui suis capable de retenir mes larmes devant n'importe qui, devant n'importe quelle situation. Je me laisse aller, refoulant mon orgueil, me cachant dans les bras d'une s½ur interloqué. L'écouteur coincé dans mon oreille diffuse ce morceau de Jacques Brel. La voix tonitruante du chanteur est indescriptible. La musique rempli mon cerveau et l'enveloppe comme le brouillard, l'empêchant de penser à autre chose qu'à mon désarroi.
Plus tard, je me moucherais dans un Lotus proposé par la personne me berçant dans ses bras. Puis me larmes viendront s'écraser contre la paume d'une main desséchée par le froid. Mon sentiment de confusion s'estompera, laissant place à toute la honte d'avoir pleuré en public. L'ipod changera de morceau, et la mélodie de “Ce rêve bleu” s'échappera de l'écouteur, provocant l'entrouverture de mes lèvres, qui chantonneront les premières paroles d'un texte enfoui dans ma tête depuis toujours. J'échangerais avec ma s½ur, un regard que seul nous deux auront le pouvoir de comprendre.
Photo : Patapouf. Mars 2007.
Texte : sans rapport avec la photo, je sais.
Jeudi 28 Décembre 2006.
Comme quoi on peut être triste 4 jours après Noël.